LA VIE TRÉPIDANTE DE LAURA WILSON

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Par Francis

Francis Laurent

Pièce de Jean-Marie Piemme
Mise en scène : Jean Boillot

Festival d’Avignon off 2017 / 
11 Gilgamesh Belleville /
Salle 1 / 15h40 / du 6 au 28 juillet
Relâche les 11, 18 et 25.

Elle trouve le réconfort devant La chute des anges rebelles, de Brueghel, qui lui dit que dans le tragique, il peut y avoir du comique. Ou, du même peintre, Paysage d’hiver avec patineurs, où les gens, en miniature, ont l’air si heureux de vivre ensemble. Une affiche publicitaire sert de support à une voix intérieure qui la conseille. Quand lui a été annoncé son licenciement, elle a convoqué Godzilla et Jean-Claude Van Damme pour faire la peau au directeur. Lorsque l’on n’a plus grand-chose sous la semelle, mais que l’on refuse d’abdiquer, l’imaginaire peut encore beaucoup.

Laura Wilson connaît une trajectoire dont la banalité est peut-être ce qu’elle a de plus affreux. Perte du travail, perte de la garde de son enfant, précarisation. Mais, la chute d’un ange rebelle peut-elle se dérouler autrement qu’en étant trépidante ? La mise en scène, par Jean Boillot, de la pièce de Jean-Marie Piemme, rejette une interprétation ironique de ce « trépidante » qui voudrait que l’on s’enfonce dans le pathos. Laura Wilson est au plus bas, mais son cœur bat encore. Jean Boillot décline donc sa vie sous un tonnerre musical, mené par Hervé Rigaud à la guitare électrique, qui colle à merveille à Laura Wilson, à son énergie inextinguible. Isabelle Royanette est cette verveuse Laura Wilson, autour de laquelle gravitent vifs Régis Laroche et Philippe Lardaud.

Walter Géhin, PLUSDEOFF

Moodboard pour l’affiche de la pièce

 

En amont de la réalisation de l’affiche proposée pour la communication de la pièce [affiche A2], j’ai cherché à m’imprégner de l’esprit du texte de Jean-Marie Piemme.
La politesse des êtres désespérés, c’est de ne jamais perdre de vue le comique de leur situation tragique.

Pourquoi ne pas accrocher un nez de clown à une toile de Brueghel ?
La vie en général et le boulot en particulier ne sont-ils pas bien plus insolents, voire insultants avec les pauvres anges « Pré-déchus » que nous sommes ??

Un juste [quoiqu’un peu dérisoire, probablement] retour des choses…