
Les bonnes de Jean Genet
pièce de katie mitchell
L’Autre Scène du Grand Avignon
Un rapport trouble et double en filigrane où les rapports de pouvoir et de soumission ne cessent de bouger, entre l‘ainée et la cadette, entre les sœurs et la maîtresse. Aucune nuance n’est acceptée, «exit» le gris, seul demeure le noir et rouge, le bien et le mal, l’austérité et l’opulence, l’interdit et l’adultère…
Sœurs jumelles ou siamoises attachées l’une à l’autre par une corde qui les ceinture, les musèle, elles sont liées à leur maitresse comme un chien à son destin, à sa niche. Domestiquées, elles épousent l’ordre social et les règles avec obéissance : être bonne, nonne, bonne sœur… Qu’importe! Pas de salut pour le genre féminin ! Au service de Madame ou de Jésus ! Nos religieuses au nom évocateur de Claire et So lange, vêtues sombrement d’un uniforme noir et col blanc n’en demeurent pas moins tourmentées… La vocation est imposée ! Elles nourrissent intérieurement des envies, des appétits… des transgressions et des complots contre cette bourgeoise qui les saigne. Le crime n’est pas loin et le tilleul bien prolétaire…